Tablo
Relevé sur site au téléphone, schéma unifilaire et plan de position générés, contrôle RGIE intégré. Fonctionne sans réseau sur chantier.
Tablo dessine et vérifie les schémas des installations électriques belges, du relevé sur chantier jusqu'au dossier qu'on remet au contrôle. Il est fait pour l'installateur résidentiel et tertiaire, c'est-à-dire pour la personne qui doit produire, pour chaque maison vendue ou rénovée, un schéma unifilaire et un plan de position qui passent chez l'organisme agréé.
Aujourd'hui, ce travail se fait avec des suites de DAO taillées pour les tableautiers — puissantes, chères, longues à apprendre —, avec des outils gratuits qui dessinent mais ne comprennent rien, ou sur papier et dans Excel. Tablo prend le parti inverse : peu de choses à apprendre, et un logiciel qui sait ce qu'il dessine. Il tourne dans le navigateur et en application de bureau (Linux, macOS, Windows), à partir du même code, et il est en bêta gratuite sur tablo-app.be.
Sur le chantier, au téléphone
Tout commence par le relevé, et le relevé se fait debout, dans la maison, avec un téléphone. Pièce par pièce : on choisit le type de pièce et l'étage, et on ajoute les prises, les points lumineux, les interrupteurs et les appareils d'un geste, avec leur quantité. Chaque point est rattaché à un circuit, choisi ou créé sur place avec des valeurs d'usage — un différentiel 30 mA est proposé d'office pour une salle de bain ou un lave-linge.
Le tableau se relève de la même façon : interrupteur général, différentiels, disjoncteurs, câbles et longueurs, et la résistance de la prise de terre mesurée. Le relevé dit ce qui manque encore pendant qu'on est sur place, ce qui est le seul moment où ça sert.
Il n'y a pas de réseau dans une cave. L'application s'installe depuis le site et fonctionne entièrement hors ligne : les projets et les photos restent sur l'appareil, et un projet en ligne s'ouvre depuis sa copie locale puis se synchronise quand la connexion revient.
Le tableau, en photo
Recopier un tableau existant à la main est la partie la plus fastidieuse du métier. On le photographie à la place : l'IA lit les appareils — calibres, courbes, différentiels, étiquettes — et propose la liste des circuits, que l'installateur vérifie avant qu'elle n'entre dans le projet. Les circuits déjà relevés gardent leurs points.
La même porte d'entrée accepte une phrase, tapée ou dictée — « cuisine, circuit C, six prises en 2,5 mm², 20 A » —, un croquis à main levée, ou une demande à l'assistant qui modifie le projet : « ajoute une borne de recharge puis génère le multifilaire ». Dans tous les cas, ce que l'IA propose passe par une étape de relecture, et rien ne modifie le projet sans passer par les mêmes opérations annulables que l'éditeur. Le serveur peut aussi utiliser un modèle hébergé chez soi plutôt que Claude, avec les mêmes fonctions et les mêmes vérifications.
Un modèle, deux dessins
Le cœur de Tablo est qu'il ne dessine pas deux schémas : il en tient un modèle et le montre deux fois. Le schéma unifilaire, par tableau, et le plan de position, par étage, sont générés depuis le relevé et repérés de la même manière — A1, A2, B1… comme sur le tableau —, si bien qu'un point sur le plan est toujours un point sur un circuit. Quand le relevé change, les schémas se régénèrent en place, et une règle signale ceux qui ont pris du retard.
Du même modèle sortent le schéma multifilaire, les schémas de commande, l'implantation du tableau sur ses rails, la numérotation des fils et des bornes, et les références croisées entre feuilles. Le plan de l'architecte peut servir de fond : une image, un PDF, ou un fichier DXF placé à l'échelle sans calibration.
Le contrôle, pendant qu'on dessine
Parce que le logiciel sait ce qu'est un circuit, il peut le vérifier. Les règles du RGIE tournent pendant qu'on travaille : différentiel 30 mA des pièces humides, nombre de points par circuit, sections et calibres, chute de tension, longueur maximale protégée. Les calculs derrière sont ceux du métier — courant d'emploi, courant admissible selon le mode de pose, chute de tension, pouvoir de coupure face au courant de court-circuit à l'origine.
Chaque remarque explique la règle et dit comment corriger. Et Tablo dit aussi ce qu'il n'est pas : une aide à la préparation du contrôle, pas le contrôle. Le contrôle reste celui de l'organisme agréé.
Ce qui en sort
Le dossier : des feuilles au format, avec le cartouche RGIE rempli depuis les informations du projet, en PDF, SVG, PNG ou DXF ; la liste des circuits ; les étiquettes du tableau ; un dossier de remise avec un code QR. Et ce qui vient juste après le schéma dans la vraie vie d'un installateur : la nomenclature et le devis — matériel, câbles d'après les longueurs du schéma, main-d'œuvre, prix tirés de la liste de son grossiste, TVA à 21 % ou 6 %, en fichier Excel avec ses formules.
En équipe
Avec un compte, les projets se synchronisent entre téléphone, tablette et ordinateur, en direct entre plusieurs personnes, avec des espaces d'équipe et une bibliothèque commune de symboles et de modèles. Un lien en lecture seule montre le projet au client ou à l'organisme de contrôle, tel qu'il est ou figé à une révision. L'application parle français, néerlandais et anglais, avec le vocabulaire flamand côté néerlandais, et la langue des schémas est un réglage du projet, distinct de celle de l'interface. Le serveur est en Europe.
Ce qu'il y a, et ce qu'il n'y a pas
C'est une bêta gratuite, en ligne et en application de bureau ; les versions iPhone et Android attendent leur publication dans les boutiques. La Belgique d'abord, et le RGIE avec elle ; les règles d'autres pays sont en préparation et marquées comme telles.
Comme pour Memojo, cette page décrit l'application plutôt que sa construction : le code est privé, et les choix qu'il y a derrière ne sont pas à publier ici. Le lien ci-dessus mène à l'application elle-même.
